Thomas Savary
Mise en pages, composition

« Un livre réel­le­ment beau ne doit rien avoir de nou­veau exté­rieu­re­ment, il doit tout sim­ple­ment être par­fait. » — Jan Tschichold (1902‑1974)

Tra­vail­leur indé­pen­dant, je mets en pages, com­pose et relis romans et nou­velles, essais, pièces de théâ­tre…

J’uti­lise un des systèmes de com­po­si­tion les plus per­for­mants à ce jour : LuaTeX, des­cen­dant moderne du célè­bre TeX, conçu à l’ori­gine pour l’édi­tion scien­ti­fique par Donald Knuth à la fin des années 1970.

Triste constat

Com­ment expli­quer que de sim­ples romans de gare des années 1960 aient sou­vent été mieux com­po­sés que les Gon­court du xxiᵉ siè­cle ?

L’infor­ma­tique n’allait-elle pour­tant pas nous faire gagner du temps, pour un tra­vail de qua­lité au moins égale à celle d’autre­fois ? Bien sûr, elle le peut, même si au vu des résul­tats on jure­rait bien des fois le con­traire… Et si elle le peut, elle le doit. Encore faut-il savoir s’en ser­vir, et sur­tout quoi en faire…

Quels outils ?

Quoique LuaTeX per­mette de créer toutes sortes de docu­ments, il est cer­tain que des logi­ciels de publi­ca­tion assistée par ordi­na­teur pro­po­sant une inter­face gra­phique tels QuarkXPress, Adobe InDesign ou Scribus offrent a priori une bien meil­leure pro­ducti­vité en matière de con­cep­tion de maquettes com­plexes. Les logi­ciels de la famille TeX repren­nent néan­moins l’avan­tage quand il s’agit de tra­vail­ler à des ouvrages aux maquettes sim­ples, tels romans ou essais.

À la recherche du temps perdu

LuaTeX per­met en effet d’auto­ma­ti­ser une grande par­tie des tâches répé­ti­tives. Le temps gagné peut se voir ainsi con­sa­crer à ces détails qui font la diffé­rence entre une com­po­si­tion cor­recte et une bonne com­po­si­tion.

Car tout ne sau­rait être auto­ma­ti­sé. Si per­for­mants soient-ils, les pro­grammes sont par­fois ame­nés à tran­cher de manière cri­ti­quable lors­que tôt ou tard plu­sieurs con­traintes de com­po­si­tion finis­sent par entrer en con­flit les unes avec les autres. Sauf à choi­sir de sacri­fier la qua­lité, il n’est pas pos­sible à ce jour de faire l’éco­no­mie d’une relecture atten­tive visant à cor­ri­ger ma­nuel­le­ment cer­tains pro­blèmes, bien plus fré­quents qu’une per­sonne non aver­tie pour­rait le croire.

Servir le texte

In fine, le fond pri­mera tou­jours la forme. Com­bien de beaux textes auraient pu cepen­dant se voir rehaus­ser par une mise en pages et une com­po­si­tion de qua­lité ?

Équi­libre des pro­por­tions, choix des polices d’écri­ture, qua­lité du gris typo­gra­phi­que : il s’agit de ren­dre la lecture aussi agréable et fluide que pos­sible en veil­lant à ce que rien ne vienne détour­ner du texte l’atten­tion du lecteur.

Sauf cas par­ti­cu­lier, la mise en pages d’un roman ou d’un essai ne pré­sente donc rien de remar­qua­ble ; exempte de défauts, elle s’efface au béné­fice de l’essen­tiel : le texte.

Présentation

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